Courses et tremblements Bretons
Et voilà
C'est l'heure des vacances.
Cette année, pas de concession.
On va chercher le soleil à tout prix.
C'est décidé pour la Bretagne.
C'est qui qui dit qu'il n'y a pas de soleil en Bretagne?
Nous partons à deux couples.
Jusque là , tout va bien.
Nous sommes logés dans un très joli gîte, bien équipé.
Et puis, vient l'heure de faire les courses...
Et c'est là que tu te rends compte du temps que tu as mis
à mettre en place un quotidien te permettant de consommer
locavore, bio et tout le toutime..
Et c'est là que l'angoisse te monte à la gorge.
Vais-je mourir en sortant du chemin?
Est-ce que dieu me refusera le paradis, si je sors un peu du sentier?
J'ai peur.
Les vieilles habitudes reviennent à l'assaut.
La solution première pour remplir ton frigo, qu'est même pas à toi,
c'est la grande surface.
Sig.
Heureusement nous ne sommes pas seuls.
Nous sommes accompagnés, alors ça nous donne du baume au coeur.
Mourir ou manger des produits caca beurk, le choix est vite fait.
.
Sans compter que tu ne veux pas passer pour un chieur,
vis à vis de tes compagnons de galère,
bien que eux, te connaissent déjà et savent bien
que tu es un chieur, un vrai.
Bref. Nous voici dans la place.
La places des murs de:
mur de yaourts,
mur de lessives,
mur de produit pour la toilette,
mur de charcuterie,
mur de pq et essuie tout,
mur de litres de lait (haaaaa),
mur de tout.
Je suis en sueur.
Je pousse mon énoOorme chariot.
Il faut que je fasse bonne mesure.
Respirer avec ujjay (chai pas comment ça s'écrit) dans la gorge.
Comme si cette abondance de produit sans âmes me faisaient envie.
Ils sont ou mon Amap, ma biocoop favorite
et mon marcher à moi que j'aime?
Je m'éponge le front et me dirige vers les essuies tout.
On est piégé.
Je n'ai pas prévu.
Me voici devant le "mur de" qui va bien.
J'en prends un.
Et puis je le repose.
Je suis pris de vertige.
Je m'assois, me calme et puis j'en reprends un.
Et puis merde, mes collègues savent très bien faire ça.
Ils vont se débrouiller.
Nous voici au rayon fruits et légumes.
Enfin ça ressemble à des fruits et des légumes.
C'est super bien imité.
Si ça se trouve ça en a le goût va savoir.
Bon. Je prends quoi?
Des brugnons?
A non. Maintenant ça s'appelle des nectarines.
C'est quoi au juste, une nectarine?
Ça existe toujours les brugnons?
Va pour des nectarines.
Pour ce faire je dois utiliser un sac plastique.
Un an de lutte impitoyable pour utiliser le moins possible ce genre de chose.
Mais là , je n'ai pas la choix.
Les gens me regardent. Sic
Scrouintch fait le sac avec un sourire narquois.
Je charge la bête en pleurant.
Heureusement j'ai avec moi un mouchoir en tissu
pour recueillir mes ex-larmes bio.
(Je t'ai parlé de mes mouchoirs en tissus?
Non? C'est dommage. Tu rates un truc.)
Les pauvres ex-brugnons.
Les voilà enfermés dans un sac plastique.
Triste fin de vie.
Je finis de sécher mes larmes.
Il faut continuer le combat.
De la viande.
Il nous faut de la viande.
Elle vient d'ou cette viande?
Comment ont été tué les bêtes à qui on a pris la vie pour nous nourrir?
Rassure toi, aimables lectrices et lecteurs.
Je ne suis pas complètement débile quant
au sors des animaux, même élevé en bio.
Mais j'aime bien savoir.
Bon. Nous commandons de la viande au rayon boucherie.
On a l'impression de faire moins pire.
Pfiou. Quelle aventure.
Direction la caisse.
D'habitude je connais la personne qui m'encaisse.
Je connais son petit nom un tout petit bout de sa vie.
On discute un peu.
Là , je connais son nom.
Il est noté sur son uniforme.
Je lui vole. Elle ne me le donne pas puisqu'il est à dispo.
Et puis l'argent qu'elle va toucher aura bien voyager
avant d'arriver en miette dans sa poche.
Je bavarde, mais il faut que je me dépêche.
Les vacanciers de derrière sont en vacances,
mais n'ont pas le temps.
Ils ne veulent surtout pas rater un seul rayon de soleil.
En même temps, il faut bien viser si tu veux en avoir un.
Il faut les comprendre. Les pauvres.
On sort.
La collection de métalosaures bien rangés ou presque, nous attend.
On charge le notre.
Nous voilà parti.
Vite, il faut que je consomme local.
Aaahhh. Une Britt.
Pas facile de partir en vacances.
(Cette note a été saisie à partir d'une tablette munie d'un clavier.
La vraie galère.
Je n'ai pas pu mettre de photo, mais tant pis.
On fait avec les moyens du bord)