Acheteur de nid.
Si vous en avez manqué un bout...
Tu vas dire que mon histoire n'en fini plus.
Tu as entièrement raison, mais prend le temps de vivre.
Je suis partisan de la slow life ou vie lente in French in ze text.
Pourquoi courir?
Pour aller ou?
Bref.
Une fois l'appart visité, nous nous octroyons
une petite réflexion avant de donner une réponse.
Il s'agit d'attendre une paire de jours.
(Tu vois une paire de chaussures? Et ben pareil, mais en jours)
Nous savions déjà, en descendant les quatre étages
de notre futur nid, que ce serait notre futur nid.
Nous n'arrivions pas à trouver suffisamment
de points négatifs pour ne pas se jeter dans l'aventure.
Notre arnacoeur le savait aussi, c'est certain.
Deux jours plus tard, après s'être dit oui autour d'un verre
de rosé, avec Madame Fredo, qui avait toujours
les yeux qui brillent
(c'était peut être pour moi finalement? ou l'alcool. Je serais jamais),
nous retournions sur la scène du futur crime.
Nous étions toujours conquis.
C'est un signe quand même.
Madame Fredo s'en foutait royalement, mais moi,
j'avais une grosse envie de négocier une poignée
de milliers d'euros parce que c'est ce qui se fait si t'es un homme.
Il fallait bien se rendre à l'évidence, il n'y avait rien à négocier.
Le prix, l'endroit, l'état de l'appartement,
la superficie, tout était raccord.
J'ai quand même tenté le coup en jouant sur la corde sensible.
"Nous sommes totalement conquis par cet appartement.
Si vous nous faites le prix qu'on en souhaite, nous serions comblés."
Oui, ben on fait ce qu'on peut et on se rattache aux branches qu'on peut.
Le commerce et la négo, ça n'a jamais été mon fort.
Le bourreau part dans un laïusse interminable et bien rodé.
Je m'installe dans les gradins et le regarde faire son cirque.
Je voyais la piste aux étoiles et j'entendais la fanfare tonitruante
soulignant chaque figure de style de notre équilibriste.
Il faut bien dire qu'il n'est pas mauvais dans le style.
ça y'est.
L'homme termine le numéro.
Il est au milieu de la piste.
Un projecteur braqué sur lui.
Il respire fort.
C'est épuisant ce numéro.
Il est droit et va saluer.
Les applaudissements peut être?
Il nous regarde.
Attendri (Je te l'accorde. J'en rajoute un peu).
Il se lance pour une dernière pirouette:
"Puisque c'est vous....."
J'aime bien cette expression.
ça te donne l'impression d'être unique...
...quand t'es un peu con et que tu crois à la mouche qui pète.
Puisque c'est vous, je coupe la poire en deux.
C'est bête, j'adore les poires entières.
Vous vouliez une remise de tant
(Et oui. Je ne te dis pas tout, parce que t'a pas besoin
de savoir que je suis pété de thunes),
on fait un pas chacun.
Et paf.
C'est mieux que ce que j'imaginais,
puisque j'imaginais qu'aucune négociation n'était possible.
Et puis, comme l'appartement était tout équipé
pour attirer le chalant, et que la bête bougeait encore, je lance:
"On est d'accord avec votre proposition,
si vous nous laissez les lampadaires?"
Il est taquin, votre serviteur.
Et ben tu sais quoi??
Il a dit oui, le gars.
Résutlat des courses
(c'est des courses qui coutent plus chères que d'habitude),
nous voilà propriétaire d'un crédit de dix huit ans
et de superbes lampadaires suédois tout neuf.
Elle est pas belle la vie?
