Fondant chocolat...... courgette
T'as lu le titre?
Oui?
Je te vois avec des points d'interrogation dans les yeux.
C'est vrai qu'il y a de quoi.
Hier soir, je rentre au nid.
Je n'ai pas vu Madame Fredo depuis quelques jours.
Elle est là, paisible dans le canapé avec le sourire
(Une fois n'est pas coutume.)
On se dit des trucs de personnes qui se disent amoureux.
Genre:
- Ça va?
- Oui et toi ?
- Je t'ai manqué?
- Non et moi?
- Oui un peu (j'ai un coeur moi).
- ....
- On baise? (j'avoue, je n'ai pas qu'un coeur).
- J'peux pas j'ai mes règles.
(Tous les prétextes sont bons)
- Bon ben si tu me cherches, je suis dans l 'aile nord
(la cuisine donc).
J'a bien fait de préciser parce que
dans cinquante six métres carrés
d'appartement, t'as vite fait de te chercher et puis,
au cas ou elle changerait d'avis, au moins,
elle sait me trouver.
Me voilà dans ma cuisine.
Je sors une tablette de chocolat bio,
noir, à cinquante cinq pourcent.
Puis.... une courgette.
La princesse fait son entrée:
- Qu'est c'tu fais avec une courgette?
- A manger pourquoi? Tu veux faire quoi
d'autre avec une courgette?
(Un concombre j'aurais compris, mais une courgette?)
- Mais tu fais quoi avec du chocolat?
- Ben je vais le faire fondre, t'en enduire le corps et le lécher...
- D'accord, mais pourquoi la courgette? Tu peux plus?
STOP.
Je m'égare. Et je te vois avec l'oeil
qui frise mais on est pas là pour ça.
Donc, prends un crayon et note.
Je sors:
- Une tablette de deux cents grammes de chocolat.
- Une courgette de deux cent grammes.
(C'est fastoche jusque là).
- Cent vingt grammes de sucre.
- Quatre oeufs.
- Quatre vingts grammes de farine.
C'est bon. Tu as noté?
Je continue.
Tu prends ta belle courgette,
bien charnue, dans ta petite mimine.
(Du calme, on est pas sur xxl là).
Tu l'épluches
(Tu fais plus le malin, là!)
Tu la broies ou la rappe à toi de voir.
Ensuite ou avant, tu fais fondre le chocolat.
Moi j'utilise mon chaudron magique
en ajoutant trois cuillères à soupe d'eau.
Tu mélanges la courgette avec le chocolat
jusqu'à ce que ça soit homogène.
Ça va?
Tu suis?
Ensuite, tu prends un joli saladier que tu aimes par dessus tout.
C'est important sinon ça n'aura pas le même gout.
Tu casses tes oeufs (:D)
Tu les bats parce qu'ils n'ont pas été très sympa.
Tu ajoute le sucre petit à petit pour que les oeufs
et le sucre deviennent bien pote et se raconte
des histoires pour se faire mousser un peu.
Comme à deux tu finis par vite t'ennuyer,
tu introduis le troisième larron: La farine.
Pour que la farine se sente vite à l'aise entre les deux protagonistes,
tu la tamise (sans big ben) et tu ne fouettes plus le mélange,
mais tu le remues doucement avec des gestes lents et sensuels,
avec une spatule de la matière que tu veux.
On arrive à la fête finale:
Le mélange Chocolat/courgette plonge,
sans vergone, dans le mélange oeufs/farine/sucre.
On ne maitrise plus rien.
Le fouet n'est plus là, mais la caresse de la spatule
et ton savoir faire fait que tout ce petit monde s'entend super bien,
jusqu'à former un mélange lisse et homogène (Riguidel).
Et là, tapis dans un coin, le moule huilé
(tu peux aussi le beurrer ton moule, si tu veux mourir plus vite)
et fariné est prèt à se faire remplir.
Et c'est parti: Tout le petit monde du saladier
se laisse glisser doucement dans le moule surexcité.
Pour augmenter un peu la chaleur de la scène,
le moule pénètre dans la cavité surchauffé
(enfin pas trop quand même. Disons cent quatre vingt degrés)
du four.
Au bout de trente à trente cinq minutes ça doit donner environ ça:
T'as vu?
Ça ressemble à un gâteau au chocolat.
Truc complètement dingue, ça en à même le gout.
