Urgence.
Ce weekend, chez moi, c'est joué un véritable drame.
En fait, c'était vendredi soir.
Nous étions à court de yaourts maisons.
C'est, le plus souvent, le boulot de poulette,
de maintenir le niveau de yaourts à jour.
Donc, ce vendredi soir, notre poulette nationale s'attelle à la tache.
Elle réunit les douze pots nécessaires
(Notre yaourtière est une douze pots et c'est bien pratique.).
Elle mélange le litre et demi de lait entier avec un yaourt du commerce.
(C'est là que tu te demandes comment est né le premier yaourt.
C'est un peu l'histoire de la poule et de l'oeuf
qu'on sait pas qui c'est qu'est né le premier.)
Poulette charge les pots, puis la yaourtière.
Moteur.
"Daddy!! J'crois qu'la yaourtière est morte."
Entends-je du fin fond de la cuisine.
Daddy c'est moi. On est bilingue dans la famille.
Pour coller les timbres c'est bien pratique.
N'écoutant que mon courage, ni une, ni deux,
j'abandonne sur le champ mes importantes obligations en cours.
(Matter scènes de ménage en sirotant un petit rosé bien frait).
Quand il y a une merde avec les appareils de la maison,
on appelle le réparateur des appareils éléctrique de merde
qui tombent en panne parce que c'est prévu comme ça, en um mot: moi.
Daddy de sont état.
Je m'approche de la malade.
Poulette est anxieuse.
Je crois qu'elle a déjà compris ce qui se tramait.
Premier signe: Les voyants font grise mine.
Pour des voyants rouge, faire grise mine, ça annonce rien de bon.
Le bip d'agonie que produit la bête, ajoute à l'angoisse du diagnostique final.
Je suis un docteur délicat et plein d'attentions.
Le premier geste qui sauve dans ce cas là c'est un bon coup
de poing sur la malade en prodiguant des incantations du style:
"«»(^@+-/+--*=%"(»("(@+-/@/@(("«+-*==%"%(+´&|œæù怅}…
Si vous voyez ce que je veux dire.
Ne retenez pas cette formule, ça ne marche pas.
J'ai déclaré sa mort un peu plus tard dans la soirée.
On pensait que le coup de mou était passagé, mais non.
L'heure est grave.
Pour ce soir, ça ira.
Mais demain???
Le temps vient de s'arrêter dans l'appartement.
Deux jolies paires d'yeux me fixent, interrogatives:
Que va-t-on devenir?
Daddy le mécano réfléchit.
Bien sur que c'est possible.
Demain, ou après demain,
je te raconte comment je nous ai sorti de ce mauvais pas.