Le bonheur est dans le pain.
Il est dix heure du matin un dimanche.
La voilà qui émerge enfin d'un lourd sommeil.
Un œil en haut, l'autre en bas,
le teint blanc elle lance un bonjour tout l'monde en rentrant
dans la salle à manger ou se trouve sa mère et son beau-père.
- Tu veux déjeuner lui lance-t-il ?
- Bouarf. Non grommelle-t-elle.
Elle s'attable en face du couple qui regarde la télé.
Un dimanche matin comme un autre.
Tranquillité, quiétude et calme.
La jeunette renifle. Elle ouvre un œil.
- Ça sentirait pas le pain des fois ?
Personne ne répond. C'est une évidence.
Un gros pain est en train de cuire au four.
Il embaume l'appartement.
- Dans combien de temps il est prêt ?
Une demi-heure lance la voix amusée de l'apprentie boulanger.
- Ah bon, souffle-t-elle en se replongeant
dans sa torpeur et s'avachissant un peu plus sur la table.
Un quart d'heure s'écoule.
L'homme se lève et disparait dans la cuisine.
Il revient, un gros pain chaud et doré dans les mains.
Il le dépose sous le nez de la jeune planeuse.
Le fourbe retourne s'assoir là-bas sur le canapé.
La post-ado renifle.
- mmmmmmmmmmm. Ca sent bon.
Silence.
La gourmande hume, le nez proche de la croute.
Elle sent la chaleur de l'offrande.
- Écoutez. Il craque.
C'est vrai.
Le pain refroidit doucement en émettant
quelques craquements sympathiques.
La jouisseuse se lève et part vers la cuisine d'un pas décidé.
On entend des objets s'entrechoquer.
La môme fait plusieurs aller-retour.
Un bol de lait.
Du cacao.
Du beurre.
De la confiture.
Le couteau à pain.
Il est onze moins le quart.
Je crois que le pain ne va pas rester
entier encore bien longtemps....