Thomas a quitté la scène
Le Thomas dont je vais vous parler n'a rien à voir
avec le p'tit minet qui a été éliminé mardi soir au bout
d'une émission plutôt nulle et laborieuse cette année.
Mon Thomas à moi est un beau quadragénaire élégant, pétri
d'un humour pince sans rire et chanteur guitariste
lorsqu'il ne raconte pas de conneries.
Ça s'est passé hier soir à la Bourse du travail de Lyon.
En fond de scène un arc en ciel lumineux, tricolore,
un grand drap tendu en dessous,
des chaises, une table un tourne disque.
Oui. J'ai bien dit un tourne disque.
Quatre hommes en costume s'installent autour de la table.
L'un d'eux nous demande de faire la cigale.
De Lyon, on passe à la terrasse d'un café sur la côte d'azur.
Un des musiciens pose le saphir (j'avais oublié ces mots là)
sur le microsillon du quarante cinq tour (vous vous rappelez ?)
dont la pochette sera rétro projeté sur le drap
un peu plus tard quand Thomas sera là.
Quelques craquements plus tard, la musique
de Django Reinhardt coule dans mes oreilles.
La salle est surchauffée, mais je frissonne.
Derrière le drap, l'ombre d'un homme avec une petite valise.
Il vient vers nous.
De l'ombre, sort un homme en costume blanc.
Il installe sa petite valise parterre.
Son contenu sera rétro projeté pendant tout le concert.
Elle contient des objets tous plus kitchs les uns que les autres.
Une vraie bonne idée.
Il attrape une guitare à grande bouche et commence à
calquer les notes du solo du disque.
Il hèle ses compères.
Tous récupèrent leur armes personnelles,
qui un violon, qui une batterie, qui une basse etc...,
et jouent le morceau du disque.
Petit à petit la musique live passe par dessus le disque.
Ça y'est le concert est lancé.
Y'a pas à faire. La pompe Manouche me fait dresser les poiles.
Ensuite, tout est surprise.
Décrire un peu plus ce que j'ai pu voir du concert
de Thomas Dutronc hier soir m'est difficile.
Nous avons eu un mélange de sketchs, de jazz manouche pur et dur,
de détournement de chansons diverses et variées,
et bien sur des morceaux du dernier album de Môôssieur Dutronc fils.
Ce que je retiens de cette soirée,
c'est cinq potes heureux d'être là et de faire ce qu'ils font.
Cinq potes qui jouent ensemble.
Cinq potes qui donnent généreusement,
et une salle comble debout, plus que conquise.
Oui. Hier soir, en compagnie de Madame Fredo
j'ai encore passé un très bon moment.