Le kiff à vélo
Si vous en avez manqué un bout...
Ce soir, en sortant du bureau, affublé de mon joli casque bleu,
de mon chasuble jaune fluo,
et de mes pinces à vélo
(je le vois votre sourire moqueur au coin de vos lèvres),
je devais faire un choix.
Soit prendre le parcours le plus court, quatorze kilomètres
soit prendre le parcours le plus agréable, mais le plus long, 22 kilomètres.
Une pluie éparse commençait à mouiller mes lunettes,
lorsque j'ai donné mes premiers coups de pédale.
Tant pis pour la ballade, j'opte pour le plus court.
Non, vraiment, c'est trop de plaisir.
Au diable la pluie, je bifurque et tente de rallier l'autre parcours.
Et là. Une fois sur les rails, j'envoie le pâté.
Un 32, 35 km/h pour traverser le port Édouard Herriot, trop bon.
Je descends sur les fameuses berges du Rhône.
Elles sont désertes.
Je sens le plaisir qui monte.
Clac clac.
Je me cale sur mon rapport préféré.
Je pose mes mains sur les cornes neuves de mon guidon
et JE KIFFE TROP MA RACE.
Oups!! Je crois que je me suis un peu laissé aller.
Au bout du compte: 22 km en 54 minutes.
C'était complètement impensable,
il y a deux mois en arrière.
Je sais. C'est difficile à comprendre.
Je crois qu'il faut y avoir goûté
pour comprendre que je ne suis pas que débile.